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Le Droit International Humanitaire
18.11.2019 | enfants soldats

WING : une plateforme belge sur la problématique des enfants soldats

En marge des actions du gouvernement belge,  la plateforme War Is Not a Game (WING) se met en place pour lutter contre le recrutement et pour la réinsertion des enfants soldats dans le monde avec pour objectif d’obtenir des résultats concrets et chiffrés au niveau international d’ici 2021. Ce collectif d’organisations belges est composé de WAPA, la Croix-Rouge de Belgique, Justice & Paix et le Groupe de Recherche et d’Information sur la Paix et la sécurité (GRIP). 

WING, unir ses efforts autour d’un objectif commun

En mars 2019, plusieurs organisations se sont réunies afin d’évaluer l’opportunité de créer en Belgique une plateforme nationale sur les enfants soldats. Convaincus de la pertinence d’une telle initiative, la Croix-Rouge de Belgique, le Groupe de Recherche et d’Information sur la Paix et la sécurité (GRIP), Justice et Paix et War-Affected People’s Association (WAPA) ont mis en place cette plateforme dénommée War is not a game (WING), avec le soutien du Délégué général aux droits de l’enfant. La plateforme permet ainsi de mutualiser les ressources et les expertises respectives des organisations membres en vue de mettre fin au recrutement d’enfants et à leur participation aux hostilités.

Une plateforme ambitieuse

Cette plateforme constitue un forum d’échange d’idées, d’informations, d’expertise et de bonnes pratiques entre les membres. Elle a pour objectif principal de prévenir et mettre fin au recrutement d’enfants dans les forces et groupes armés et leur participation aux hostilités, en remettant la question des enfants soldats au cœur des politiques publiques de la diplomatie belge, des politiques de coopération extérieure de l’Union européenne et des Nations Unies, ainsi qu’en poursuivant la ratification et la mise en œuvre du Protocole facultatif de 2000 à la Convention relative aux droits de l’enfant concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés. Les autres objectifs essentiels sont de soutenir des programmes de désarmement, de démobilisation et de réinsertion efficaces pour les enfants et jeunes adultes, sensibiliser l’opinion publique à la problématique des enfants soldats, mener des recherches sur cette problématique afin d’avoir des données actualisées et mesurer l’efficacité des programmes de désarmement, de démobilisation et de réinsertion.

Une problématique encore d’actualité

Les enfants soldats constituent encore une réalité et une conséquence humanitaire préoccupante des conflits armés. Le recrutement et la participation des enfants aux hostilités se poursuivent aujourd’hui dans différentes régions du monde malgré l’existence d’un cadre juridique international développé en la matière, dont le Protocole facultatif de 2000 à la Convention relative aux droits de l’enfant entré en vigueur en 2002. Entre 250.000 à 300.000 enfants soldats ou « enfants associés à une force ou un groupe armé » dans plus de 20 pays à travers le monde. Des jeunes, voire très jeunes enfants sont recrutés par les armées régulières d’un pays ou par des milices armées, des groupes rebelles ou paramilitaires. Les enfants qui ont été démobilisés, ne reçoivent pas systématiquement un accompagnement adéquat en vue de leur réinsertion sociale et sont donc exposés au risque d’être à nouveau victimes de recrutement. WING promeut à ce titre une approche qui soit la plus durable et englobante possible afin de couvrir l’ensemble des besoins de l’enfant.

Enfants soldats, une notion à interpréter de manière large

WING estime que la notion d’enfant soldat doit être comprise au sens large conformément à la pratique des Etats. Tout d’abord, un « enfant » est toute personne âgée de moins de 18 ans, conformément à la Convention relative aux droits de l’enfant du 20 novembre 1989 (article 1 er). L’enfant soldat doit s’entendre au sens de « enfant associé à une force armée ou à un groupe armé », c’est-à-dire « toute personne âgée de moins de 18 ans qui est ou a été recrutée ou employée par une force ou un groupe armé, quelle que soit la fonction qu’elle y exerce. Il peut s’agir, notamment mais pas exclusivement, d’enfants, filles ou garçons, utilisé comme combattants, cuisiniers, porteurs, messagers, espions ou à des fins sexuelles. Le terme ne désigne pas seulement un enfant qui participe ou a participé directement à des hostilités. » (Principes de Paris – Principes et lignes directrices sur les enfants associés aux forces armées ou aux groupes armés, février 2007, § 2.1).

Un moment clé pour atteindre des résultats concrets d’ici 2021

Le rôle que la Belgique peut jouer en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies en 2019 et 2020 constitue une opportunité unique à saisir en vue d’atteindre des résultats concrets d’ici 2021 sur la question des enfants soldats au niveau international. La Belgique a toujours été proactive dans le développement et le respect du droit international humanitaire et des droits de l’homme, et la lutte contre le recrutement et l’utilisation d’enfants soldats est une priorité de longue date de sa politique étrangère. Dans le cadre de son mandat au Conseil de sécurité en 2019-2020, elle préside d’ailleurs le groupe de travail sur les enfants dans les conflits armés et elle soutient le rôle de la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour les enfants dans les conflits armés. Elle est par ailleurs, membre du comité directeur pour la Coalition mondiale pour la réintégration des anciens enfants soldats lancée par la Représentante spéciale. Les membres de WING se tiennent donc prêts à soutenir la Belgique dans ses actions diplomatiques en faveur d’un meilleur respect des droits des enfants affectés par les conflits armés.

La protection des enfants soldats au cœur du DIH

Le sort des enfants soldats doit rester une priorité à l’agenda humanitaire des Etats et la réponse aux besoins de ces enfants doit être complète et adaptée à leurs contextes respectifs. Le recrutement et la participation aux hostilités constituent deux des principales conséquences humanitaires des conflits contemporains sur les enfants.  Ces derniers sont souvent exposés au danger des attaques directes ou indiscriminées et de l’utilisation de certaines armes telles que les munitions qui n’ont pas explosé sur le champ de bataille : ils sont alors tués, blessés, emprisonnés ou séparés de leur famille. Ils subissent aussi les effets indirects des hostilités en étant témoins d’atrocités à l’encontre de leurs proches ou de leurs communautés ou confrontés au manque d’accès aux biens indispensables à leur survie ou à des services nécessaires à leur développement physique et mental.

Les règles de protection du DIH et des droits humains

Le phénomène des enfants soldats exacerbe donc cette vulnérabilité en raison de son impact sur leur vie, leur intégrité physique, leur équilibre psychologique et leur développement. Cet impact affecte non seulement le bien-être de l’enfant tout le long de sa vie au-delà de la fin du conflit, mais aussi sa réintégration au sein de sa famille et de sa communauté. Le DIH et les droits de l’homme prévoient ainsi des règles de protection en la matière. Les deux Protocoles additionnels de 1977 aux Conventions de Genève relatifs à la protection des victimes des conflits armés et la Convention relative aux droits de l’enfant de 1989 interdisent par principe le recrutement des enfants de moins de 15 ans et leur participation aux hostilités. Le Protocole facultatif de 2000 à la Convention relative aux droits de l’enfant prévoit une interdiction de recruter des personnes âgées de moins de 18 ans (avec cependant la possibilité d’un recrutement volontaire d’enfants de plus de 15 ans au sein des forces armées des Etats mais sous certaines conditions) et de les faire participer aux hostilités. Le fait de procéder à la conscription ou à l’enrôlement d’enfants de moins de 15 ans dans les forces ou groupes armés, ou de les faire participer activement aux hostilités constitue un crime de guerre selon le statut de la Cour pénale internationale (1998).

 

En savoir plus sur la plateforme WING : www.wingplatform.be

 

 

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